Fiche d'interaction · Synergie
Zinc et cuivre
Association logique quand le zinc est pris à forte dose et longtemps.
Le zinc à forte dose et au long cours peut épuiser le cuivre, avec anémie ou troubles neurologiques. Aux doses courtes et modérées, ce n'est pas un problème.
Les cas documentés
Prasad et ses collègues ont décrit en 1978 un adulte atteint de drépanocytose, traité par zinc pendant deux ans, chez qui le cuivre sanguin s'est effondré. Il présentait des globules rouges trop petits et une baisse relative des globules blancs. Un apport de cuivre a corrigé les deux anomalies. L'équipe a ensuite retrouvé une baisse de la céruloplasmine, la protéine qui transporte le cuivre, chez plusieurs autres patients sous zinc.
Willis et ses collègues ont rapporté en 2005 trois cas repérés sur une ponction de moelle osseuse. Un homme de 47 ans souffrait d'une neuropathie invalidante qui s'aggravait depuis 18 mois, avec une anémie légère et une baisse sévère des globules blancs. Un homme de 21 ans, qui prenait du zinc pour une maladie de peau génétique, avait une anémie et une baisse des globules blancs. Un homme de 42 ans cumulait anémie, neutropénie sévère et neuropathie. Dans les trois cas, la carence en cuivre était due à un excès de zinc.
Pourquoi AREDS ajoutait du cuivre
L'essai AREDS a suivi 3 640 personnes de 55 à 80 ans atteintes de dégénérescence maculaire pendant 6,3 ans en moyenne. Le bras zinc recevait 80 mg de zinc par jour avec 2 mg de cuivre, ajouté pour prévenir la carence induite par le zinc. Aucun effet indésirable grave statistiquement significatif n'a été associé aux formules testées. Le mécanisme habituellement décrit passe par une protéine de l'intestin, la métallothionéine, que le zinc fait augmenter et qui retient le cuivre.
Conduite prudente
Additionne le zinc de tous tes produits et reste sous 25 mg par jour sans avis médical. Pour une cure longue ou une dose plus élevée, fais-la encadrer : un bilan peut vérifier le cuivre et la céruloplasmine. Fatigue inhabituelle, fourmillements, troubles de la marche ou infections à répétition pendant une prise de zinc justifient une consultation. N'ajoute pas de cuivre au hasard : il a sa propre limite de 5 mg par jour. Voir aussi la fiche magnésium et zinc et notre article sur les formes de zinc .
Limites
Les preuves de la carence reposent sur des cas cliniques : elles montrent que le risque existe, pas à quelle fréquence il survient. Les doses et les durées en cause sont souvent élevées ou mal connues. AREDS porte sur des personnes âgées atteintes d'une maladie de l'œil, et ne compare pas le zinc avec et sans cuivre : il ne mesure donc pas directement l'effet protecteur du cuivre.
Sources principales
- 01Prasad AS et al. Hypocupremia induced by zinc therapy in adults. JAMA, 1978. PubMed 359844
- 02Willis MS et al. Zinc-induced copper deficiency: a report of three cases initially recognized on bone marrow examination. American Journal of Clinical Pathology, 2005. PubMed 15762288
- 03Age-Related Eye Disease Study Research Group. A randomized, placebo-controlled, clinical trial of high-dose supplementation with vitamins C and E, beta carotene, and zinc for age-related macular degeneration and vision loss: AREDS report no. 8. Archives of Ophthalmology, 2001. PubMed 11594942
Questions Fréquentes (FAQ)
À partir de quelle dose le zinc fait-il baisser le cuivre ?
Les cas publiés concernent des prises élevées et prolongées, sur des mois ou des années. La limite supérieure fixée en Europe est de 25 mg de zinc par jour pour l'adulte. Au-delà, ou pour une cure longue, fais-la encadrer par un médecin.
Faut-il toujours ajouter du cuivre au zinc ?
Pas aux doses courantes et sur une durée courte. L'ajout de cuivre a du sens pour les fortes doses prolongées, comme dans l'essai AREDS (80 mg de zinc pour 2 mg de cuivre). Le cuivre a lui aussi une limite supérieure, fixée à 5 mg par jour en Europe.

