NSI-189 : essais sur la dépression, cognition et risques

NSI-189 : essais sur la dépression, cognition et risques
MindsetImage de l’article

NSI-189 reste un composé expérimental, pas un traitement validé de la dépression ni un moyen démontré d’améliorer la mémoire d’un adulte sain. La phase 2 historique et la phase 2b menée ensuite sous le nom ALTO-100 n’ont pas atteint leur critère principal d’efficacité en dépression majeure. Les signaux exploratoires doivent se lire à côté de ces résultats, pas à leur place.

Le dossier porte sur les preuves disponibles et le statut vérifié le 19 octobre 2026. Il ne propose aucun achat, préparation ou schéma de prise. Si une dépression ou une plainte cognitive motive ta recherche, l’étape utile reste une évaluation professionnelle.

NSI-189, ALTO-100, amdiglurax : de quoi parle-t-on ?

NSI-189 n’est pas un peptide. La publication clinique initiale décrit une petite molécule de synthèse de la famille benzylpipérazine-aminopyridine. Une catégorie « peptides » dans une boutique n’en change pas la nature chimique.

Les noms se recoupent, mais les résultats appartiennent à des essais précis :

Nom et repère documentaireCe qu’il désigneCe que cela ne signifie pas
NSI-189, notamment sous forme phosphateCode des essais historiques publiés par Neuralstem et ses collaborateursTraitement déjà approuvé
ALTO-100, programme repris par AltoNouveau code de développement du composéNouvelle preuve d’efficacité à chaque changement de nom
Amdiglurax, nom présent dans le registre de substance FDA consulté en 2026Dénomination de la substance également indexée comme NSI-189Autorisation FDA ou européenne

Le dépôt officiel de Palisade à la SEC décrit le transfert des actifs en 2021 et précise que NSI-189 est désormais connu sous le nom ALTO-100. Le référentiel de substances FDA relie amdiglurax à NSI-189. Il rappelle explicitement qu’un identifiant UNII n’implique aucune approbation réglementaire.

Cette continuité permet de retrouver les publications. Elle ne permet pas de transférer à un réactif commercial la formulation, la fabrication ou le suivi d’un produit d’essai clinique. ALTO-300 et ALTO-101 sont d’autres programmes, pas des synonymes à ajouter à cette liste.

Neurogenèse animale et cognition humaine : deux preuves différentes

La neurogenèse désigne la production de nouveaux neurones. La neuroplasticité est plus large : elle concerne des changements de fonctionnement ou d’organisation des réseaux. Aucune des deux notions ne signifie automatiquement « meilleure mémoire ».

Le développement de NSI-189 s’est appuyé sur des observations précliniques. Certaines données fondatrices sur les cellules et les souris sont présentées dans la publication initiale comme des données internes non évaluées par les pairs. Des travaux animaux ont ensuite été publiés, notamment sur des modèles de déficits cognitifs après irradiation.

Il faut séparer les questions :

  • Une observation sur des cellules renseigne sur un mécanisme possible.
  • Un résultat chez un animal atteint d’un déficit expérimental justifie une recherche supplémentaire.
  • Un test cognitif chez un patient mesure une performance ou une plainte dans ce contexte clinique.
  • Une amélioration utile et durable chez un adulte sain demande une démonstration propre.

Une variation de volume à l’IRM ne compterait d’ailleurs pas directement les nouveaux neurones. Dans la phase 1b, les comparaisons du volume hippocampique n’étaient pas statistiquement significatives. Cet essai ne démontre donc pas une augmentation du cerveau humain, encore moins un pourcentage de gain de mémoire.

Le vocabulaire biologique peut être exact pendant que la promesse commerciale saute plusieurs étapes. Notre dossier Dihexa examine une autre molécule et un autre dossier de preuves : il ne constitue pas une alternative validée.

Essais sur la dépression : populations, critères et résultats

La MADRS est une échelle de sévérité des symptômes dépressifs évaluée par un clinicien. Un questionnaire de cognition ressenti par le patient et un test informatisé ne mesurent pas la même chose. Le tableau conserve ces distinctions.

Les grandes étapes cliniques sont les suivantes :

ProgrammePopulation et duréeCritère ou objectifRésultat à retenir
Phase 1b NSI-189, publication en ligne 201524 adultes avec dépression majeure, traitement pendant 28 jours, suivi jusqu’au jour 84Principalement sécurité et pharmacocinétique, efficacité exploratoireSignaux sur certains questionnaires autoévalués. Trop petit pour conclure à l’efficacité
Phase 2 NSI-189, publication en ligne 2019220 adultes dépressifs, 12 semaines, plan en deux étapesCritère principal : variation MADRSPas de supériorité statistiquement significative sur le critère principal
Phase 2a ALTO-100, résultats annoncés en 2023Cohorte de 133 patients avec dépression majeure au sein d’une étude ouverte de huit semainesMADRS à six semaines et profil cognitif prédictifSignal annoncé dans un groupe défini par biomarqueur, sans comparaison randomisée contre placebo
Phase 2b ALTO-100, résultats annoncés en 2024301 adultes avec dépression majeure, période en double aveugle de six semainesMADRS dans le sous-groupe défini à l’avance par un profil de mémoireCritère principal et analyses secondaires clés préspécifiées non atteints
Phase 2b ALTO-100 en dépression bipolaireEssai distinct, en complément d’un traitement stabilisateur, encore en recrutement dans le registre consultéMADRS à six semaines dans un sous-groupe prédéfiniPas de résultat d’efficacité disponible dans les sources consultées à cette date

Phase 1b : un signal précoce, avec six personnes sous placebo

La publication de Fava et ses collègues répartissait les 24 participants entre 18 sous produit actif et six sous placebo, avec plusieurs cohortes. L’étude répondait d’abord à des questions de tolérance et d’exposition au produit. Les analyses d’efficacité regroupaient les cohortes et restaient exploratoires.

Certains questionnaires autoévalués étaient favorables. Les mesures cliniques et l’imagerie ne suffisent pas à confirmer un traitement ou une neurogenèse humaine. Un résultat encourageant dans ce format sert à préparer un essai plus grand.

Phase 2 : le résultat principal reste négatif

La publication de Papakostas et ses collègues ne retrouve pas de supériorité sur la MADRS. Certains résultats sont favorables sur des questionnaires autoévalués et sur des mesures exploratoires de CogScreen, mais pas sur les mesures Cogstate.

Les tests cognitifs étaient nombreux et les auteurs demandent une réplication. Une sélection de résultats positifs ne transforme pas l’ensemble de l’essai en démonstration de mémoire améliorée. Les participants étaient dépressifs, pas des adultes sains cherchant à apprendre plus vite.

ALTO-100 : étude ouverte favorable, puis confirmation manquée

L’annonce de phase 2a de janvier 2023 compare surtout des patients présentant ou non un profil cognitif donné, sous traitement. Une validation dans un jeu de données réservé peut aider à tester la reproductibilité d’un prédicteur. Elle ne remplace pas un groupe placebo randomisé.

Le communiqué du 22 octobre 2024 rapporte ensuite l’échec de la phase 2b sur son critère principal, ainsi que sur ses analyses secondaires clés. Il s’agit d’une source du promoteur, qui doit être identifiée comme telle.

Des analyses ultérieures de sous-groupes, discutées dans les communications de l’entreprise, ont soutenu la poursuite du développement. Le sous-groupe en ajout à un antidépresseur était annoncé comme préspécifié, mais son résultat restait non significatif (p = 0,09). La sélection ultérieure selon la présence du produit dans le sang pose une autre question d’interprétation : elle n’équivaut pas au résultat de la population randomisée prévue. Ces analyses ne rendent pas positif le résultat principal. Une hypothèse peut survivre à un essai négatif, mais elle doit alors réussir une nouvelle vérification.

La dépression bipolaire est une autre question

Le registre NCT06656416, mis à jour le 13 octobre 2026, indique un recrutement en cours et une fin estimée de l’évaluation principale en septembre 2027. Son critère porte sur les symptômes dépressifs dans le trouble bipolaire, avec un traitement de fond, pas sur la mémoire d’adultes sains.

Le promoteur annonçait encore des résultats pour mi-2027 dans son point d’août 2026. Ces dates sont des prévisions de documents différents, pas des résultats. Pour le lecteur, la conclusion actuelle est simple : cet essai ne fournit pas encore une réponse clinique à utiliser.

Tolérance connue et inconnues hors essai

La phase 2 historique n’a pas rapporté d’événement indésirable grave chez les participants recevant NSI-189. Cela renseigne sur un suivi limité chez des patients sélectionnés. Cela n’établit pas la sécurité de plusieurs années ou d’associations libres avec d’autres substances.

Le tableau supplémentaire des effets indésirables de cette phase 2 rapporte notamment céphalées, somnolence, vertiges, nausées et rêves anormaux. Des événements apparaissent aussi sous placebo. Les fréquences dépendent du groupe et de l’étape de l’essai : elles ne constituent pas une prédiction personnelle.

Dans la phase 2b de 2024, le promoteur cite céphalées, nausées et rêves anormaux parmi les événements courants, à des fréquences similaires au placebo. Tolérance relativement favorable et efficacité démontrée restent deux conclusions différentes.

Les limites pratiques sont les suivantes :

SituationPourquoi les résultats ne suffisent pas
Usage prolongéLes essais décrits ne caractérisent pas correctement un usage autonome de plusieurs années
Grossesse, allaitement, mineursLes données ne permettent pas une extrapolation de sécurité
Trouble bipolaire ou symptômes d’activationLe programme bipolaire encadre le traitement de fond et la surveillance. Il ne justifie pas une expérience personnelle
Plusieurs psychotropes ou nootropiquesLes interactions et le produit complet ne sont pas suffisamment caractérisés pour un cocktail autonome
Maladie rénale, hépatique ou autre maladie importanteLes critères de sélection des essais excluent de nombreuses situations complexes
Réactif acheté en ligneIdentité, formulation et contrôles ne sont pas démontrés équivalents au médicament expérimental

Il n’est pas nécessaire d’inventer une toxicité spectaculaire pour déconseiller l’automédication. Le bénéfice clinique n’est pas établi pour cet usage, tandis que les incertitudes de produit et de suivi s’ajoutent aux risques pharmacologiques.

Statut en France et risques des réactifs vendus en ligne

Contrôle documentaire du 19 octobre 2026 : aucune correspondance pour NSI-189, NSI189, ALTO-100, ALTO100 ou amdiglurax n’a été trouvée dans les fichiers de spécialités et de compositions de la Base de données publique des médicaments, mise en œuvre notamment par l’ANSM. Aucune correspondance n’a été identifiée dans la liste des médicaments de l’EMA téléchargée le même jour.

Ces contrôles n’ont donc pas identifié de spécialité autorisée applicable en France sous ces noms. La base française et la liste EMA ont des périmètres définis : l’EMA précise que son site ne recense pas toutes les autorisations nationales. Ce contrôle ne prétend pas examiner tous les mécanismes d’accès exceptionnel ou tous les synonymes possibles.

Une dénomination internationale, un identifiant FDA et un numéro d’essai ne valent pas AMM. Une autorisation de conduire une étude ne vaut pas autorisation de vendre un traitement au public.

La DGCCRF rappelle les risques des produits de santé vendus hors du circuit autorisé. Pour un réactif annoncé « recherche uniquement », un certificat de pureté ne suffit pas à établir une qualité pharmaceutique, une formulation adaptée ou une balance bénéfices-risques favorable à l’ingestion.

L’absence de spécialité dans ces listes ne permet pas, à elle seule, d’affirmer une interdiction pénale générale de détention ou d’importation. Une question juridique précise doit être vérifiée avec l’ANSM ou un professionnel compétent. Cet article ne fournit ni fournisseur ni méthode d’utilisation.

Dépression ou plainte cognitive : ne pas remplacer l’évaluation

Une difficulté de mémoire peut accompagner une dépression, un trouble du sommeil, un effet médicamenteux ou d’autres problèmes. L’attribuer d’emblée à un manque de neurogenèse peut retarder une évaluation utile. Ne change pas un traitement prescrit pour essayer un composé expérimental.

Le dossier Noopept permet de comparer la qualité d’un autre dossier de preuves, pas de choisir un substitut validé.

Si tu as des idées suicidaires ou si tu t’inquiètes pour un proche, le 3114 est accessible gratuitement en France, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. En cas de danger immédiat, appelle le 15 ou le 112. Une recherche de molécule ne doit pas retarder cet appel.

Le Verdict

Questions fréquentes

NSI-189 est-il un peptide ?

Non. C’est une petite molécule de synthèse. Les essais historiques emploient souvent le nom NSI-189 phosphate. Un vendeur qui le classe parmi les peptides ne fournit pas une identification chimique fiable par cette seule catégorie.

Que montre l’essai de phase 2 ?

Chez 220 adultes avec dépression majeure, le critère principal MADRS n’a pas été atteint. Certains questionnaires et tests exploratoires étaient favorables, avec besoin de réplication. La phase 2b ultérieure sous ALTO-100 a également manqué son critère principal.

Les résultats prouvent-ils un effet mémoire chez l’adulte sain ?

Non. Les populations, les critères et les limites des analyses ne permettent pas cette conclusion. Un score cognitif chez un patient dépressif et une neurogenèse utile dans le cerveau humain sont deux démonstrations différentes.

Existe-t-il une autorisation applicable en France ?

Aucune spécialité correspondante n’a été identifiée dans les sources françaises et européennes contrôlées le 19 octobre 2026. Cette vérification datée ne constitue pas un avis juridique exhaustif. Un produit disponible en ligne n’est pas, de ce fait, un médicament autorisé.

Sources et méthode

Textes cliniques principaux et annexe des effets indésirables consultés, puis registres et données réglementaires contrôlés le 19 octobre 2026. Les communiqués d’Alto sont identifiés comme des informations du promoteur. Les dates de fin d’essai restent prévisionnelles. Cette sélection n’est pas une revue systématique ni une consultation médicale.


  • Questions Fréquentes (FAQ)

    • NSI-189 est-il un peptide ?

      Non. C’est une petite molécule de synthèse, décrite comme un composé benzylpipérazine-aminopyridine. NSI-189, ALTO-100 et amdiglurax renvoient au même programme moléculaire, sous différents noms. Ce n’est ni un peptide alimentaire ni un nootropique validé.

    • Que montre l’essai de phase 2 sur NSI-189 ?

      L’essai historique chez 220 adultes dépressifs n’a pas montré de supériorité sur le critère principal MADRS. Des résultats favorables sur certains questionnaires et tests exploratoires justifiaient d’autres recherches, mais n’effacent pas ce résultat principal négatif.

    • Les résultats prouvent-ils un effet mémoire chez l’adulte sain ?

      Non. Des résultats cognitifs exploratoires chez des patients dépressifs ne démontrent pas une amélioration de mémoire chez des adultes sains. Ils ne démontrent pas non plus une neurogenèse cliniquement utile chez l’humain.

    • Existe-t-il une autorisation applicable en France ?

      Au contrôle documentaire du 19 octobre 2026, aucune spécialité correspondante n’a été identifiée dans les fichiers français vérifiés ni dans la liste des médicaments EMA consultée. Un identifiant de substance, une dénomination internationale ou un essai enregistré ne constitue pas une autorisation de mise sur le marché.

    Partager cet article

    X f in

    Poursuivre l’exploration

    Voir tous les articles

    Suppléments

    Dihexa : preuves sur la cognition, risques et statut en France

    Lire l’article

    Suppléments

    Noopept en France : légalité, dangers et comparaison au piracétam

    Lire l’article

    Mindset

    Méditation pleine conscience : risques et signes d’arrêt

    Lire l’article