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Fiche d'interaction

Vitamine K et anticoagulants AVK

Mis à jour le 19 octobre 2026

À surveillerPreuves modéréesComplément + médicament

À surveiller : la stabilité des apports compte plus que leur quantité.

La vitamine K s'oppose à l'effet des anticoagulants AVK, comme la warfarine ou la fluindione. Un complément pris sans prévenir peut faire baisser l'INR. En revanche, supprimer les légumes verts n'est pas utile : il vaut mieux garder des apports réguliers.

En bref

Mécanisme
Les AVK bloquent le recyclage de la vitamine K, nécessaire à la coagulation. Un apport brutal de vitamine K réduit leur effet.
Ampleur
Effet surtout au-delà d'environ 150 µg de vitamine K par jour, et lors des grandes variations d'apport.
Qui est concerné
Personnes sous warfarine, fluindione ou acénocoumarol. Les anticoagulants oraux directs ne sont pas concernés par ce mécanisme.
Que faire
Garder des apports réguliers, ne pas commencer de complément de vitamine K ou K2 sans avis, contrôler l'INR en cas de changement.

Faut-il supprimer les légumes verts ?

Non. Une revue systématique de 2016 conclut que les données ne justifient pas de restreindre la vitamine K alimentaire sous AVK. Un effet sur la coagulation apparaît surtout avec des apports élevés, au-delà d'environ 150 µg par jour, et lors de changements brusques. Ce qui déstabilise l'INR, c'est la variation, pas la quantité habituelle.

Le cas des compléments

Un complément de vitamine K, ou de vitamine K2 souvent associée à la vitamine D, introduit une dose nouvelle et régulière qui peut faire baisser l'INR. Paradoxalement, dans un essai chez 70 patients à l'INR instable, 150 µg de vitamine K par jour, sous surveillance médicale, ont amélioré la stabilité du traitement. C'est une stratégie médicale encadrée, pas une automédication.

Une revue de 120 médicaments et aliments interagissant avec la warfarine rappelle que de nombreuses plantes et compléments peuvent aussi modifier l'INR.

En pratique

Ce que tu peux faire

  • Garde des habitudes alimentaires stables, légumes verts compris.
  • Ne commence ni n'arrête un complément de vitamine K ou K2 sans en parler à ton médecin.
  • Signale tout nouveau complément : de nombreuses plantes modifient l'effet des AVK.

Quand demander un avis

  • Saignements de nez ou des gencives, bleus inhabituels, urines ou selles foncées : consulte rapidement.
  • Changement important d'alimentation : régime, jeûne, voyage.
  • Envie de prendre un complément de vitamine D associé à la K2.

Sources principales

  1. 01Violi F et al. Interaction between dietary vitamin K intake and anticoagulation by vitamin K antagonists: is it really true? A systematic review. Medicine, 2016. PubMed
  2. 02Sconce E et al. Vitamin K supplementation can improve stability of anticoagulation for patients with unexplained variability in response to warfarin. Blood, 2007. PubMed
  3. 03Holbrook AM et al. Systematic overview of warfarin and its drug and food interactions. Archives of Internal Medicine, 2005. PubMed

Questions Fréquentes (FAQ)

  • Peut-on manger des épinards sous anticoagulant ?

    Oui, sous AVK aussi. L'important est de garder des quantités régulières d'une semaine à l'autre, plutôt que d'alterner de grosses portions et rien du tout.

  • La vitamine K2 est-elle dangereuse avec la warfarine ?

    Elle peut réduire l'effet de la warfarine. Ne la prends pas sans avis médical et sans contrôle de l'INR.

  • Les nouveaux anticoagulants sont-ils concernés ?

    Les anticoagulants oraux directs comme l'apixaban ou le rivaroxaban n'agissent pas via la vitamine K. Ils ont d'autres interactions, à vérifier avec ton pharmacien.

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