Vaccins contre le VRS et le zona : une réponse en anticorps préservée lors d’une administration simultanée

Administrer les vaccins contre le virus respiratoire syncytial (VRS) et le zona lors d’une même visite préserve-t-il leur réponse immunitaire ? Un essai randomisé chez 530 adultes de 50 ans et plus montre des réponses en anticorps non inférieures à celles obtenues avec des administrations espacées. Les réactions rapportées après la première visite étaient toutefois plus fréquentes lorsque les deux vaccins étaient administrés ensemble. Ces résultats concernent deux formulations précises, pas tous les vaccins contre ces infections.

Schéma comparant l’administration simultanée des vaccins contre le VRS et le zona à leur administration à un mois d’intervalle.
Gadget & TechIllustration éditoriale, pas une donnée de l’étude.

Deux vaccins, ensemble ou à un mois d’intervalle

Cet essai de phase III a comparé le vaccin contre le VRS à protéine F préfusion avec adjuvant AS01E et le vaccin recombinant contre le zona avec adjuvant AS01B. Les participants ont été répartis aléatoirement entre deux groupes de 265 personnes. L’essai était ouvert : l’attribution des vaccinations n’était pas masquée.

Un groupe recevait les deux vaccins le premier jour. L’autre recevait d’abord le vaccin contre le zona, puis celui contre le VRS un mois plus tard. Tous les participants recevaient la seconde dose du vaccin contre le zona au jour 61. L’objectif principal portait sur la réponse en anticorps, tandis que la sécurité et les réactions après vaccination constituaient des critères secondaires.

Des anticorps comparables selon le seuil prévu

Les chercheurs ont mesuré les anticorps neutralisants contre les sous-types A et B du VRS ainsi que les anticorps dirigés contre la glycoprotéine E du virus responsable du zona. Les trois comparaisons ont satisfait le critère de non-infériorité défini avant l’analyse.

Cela signifie que l’administration simultanée n’a pas entraîné une baisse de la réponse en anticorps dépassant la marge acceptée dans cet essai. Cela ne démontre ni des réponses strictement identiques, ni une protection équivalente contre les infections, les complications ou les hospitalisations : le résumé ne rapporte pas ces résultats cliniques.

Davantage de réactions après la visite combinée

Dans les sept jours suivant la première visite, des réactions au site d’administration ont été rapportées par 71,7 % du groupe recevant les deux vaccins, contre 58,5 % du groupe recevant uniquement le vaccin contre le zona. Les réactions générales concernaient respectivement 73,6 % et 60,4 % des participants.

Ces pourcentages comparent une visite avec deux vaccinations à une visite avec une seule. Ils ne permettent donc pas de conclure que l’administration simultanée provoque davantage de réactions sur l’ensemble du calendrier vaccinal.

Aucun événement indésirable mortel ni événement grave considéré comme lié à la vaccination n’a été rapporté. Avec 530 participants, cette observation ne suffit pas à exclure des effets indésirables rares.

Un résultat utile, pas une recommandation générale

L’essai soutient la possibilité d’administrer ensemble ces deux formulations sur le plan de la réponse en anticorps. Il ne suffit pas, à lui seul, à déterminer qui doit recevoir ces vaccins ou à modifier les recommandations applicables en France. Le dossier ne contient pas de source réglementaire permettant de trancher ces questions.

Les limites à garder en tête

Seul le résumé PubMed a été consulté, pas le texte intégral. L’essai est ouvert et porte sur 530 adultes de 50 ans et plus. Le résumé ne précise pas la durée complète du suivi de sécurité ni ne rapporte d’efficacité clinique contre les maladies. Le financement et les conflits d’intérêts n’ont pas pu être vérifiés.

Ce qu’on peut retenir

Pour ces deux vaccins précis, l’administration simultanée satisfait les critères de non-infériorité des réponses en anticorps. La protection clinique équivalente reste à distinguer de ce résultat immunologique.

Sources et provenance

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