Déclin cognitif : un questionnaire téléphonique donne des scores proches du présentiel, dans une petite étude

Un questionnaire rempli avec un proche par téléphone peut-il remplacer son administration en face à face ? Une étude méthodologique portant sur 51 personnes rapporte un accord encourageant entre les scores globaux de l’IQCODE, un outil d’évaluation du déclin cognitif chez les personnes âgées. Mais l’accord varie fortement d’une question à l’autre, et ces résultats ne démontrent pas une équivalence diagnostique.

Comparaison de l’administration de l’IQCODE à un proche, par téléphone et en face à face.
Gadget & TechIllustration éditoriale, pas une donnée de l’étude.

Un proche interrogé selon deux modalités

L’Informant Questionnaire on Cognitive Decline in the Elderly, ou IQCODE, recueille les réponses d’un aidant ou d’un membre de la famille. Cette étude compare donc deux façons d’interroger ce proche, et non deux examens cognitifs directement réalisés par la personne âgée.

Le questionnaire a été administré en présentiel et par téléphone, à cinq à sept jours d’intervalle. L’ordre des modalités était randomisé. Deux chercheurs différents, préalablement formés, effectuaient les évaluations sans connaître les résultats de l’autre passation.

Cette organisation permet de comparer les modalités tout en limitant l’influence de l’ordre de passation et de la connaissance du premier score. Il s’agit d’une étude d’accord entre méthodes, pas d’un essai démontrant un bénéfice clinique de l’évaluation à distance.

Un accord global qui masque des écarts selon les questions

Pour le score total, le coefficient de corrélation intraclasse, utilisé pour quantifier l’accord, était de 0,74. Les auteurs qualifient cet accord d’élevé. Ils ne rapportent pas de différence statistiquement significative entre les deux modalités.

L’absence de différence statistiquement significative ne suffit toutefois pas à prouver que les méthodes sont interchangeables. Surtout, les coefficients des différentes questions allaient de 0,17 à 0,98, soit un accord faible à élevé selon l’item. Le score global ne résume donc pas toute la variabilité observée.

Une piste d’accès aux évaluations, pas une validation diagnostique

Les auteurs envisagent l’administration téléphonique comme une option pour élargir l’accès à l’évaluation cognitive lorsque le présentiel est difficile. Les résultats soutiennent cette possibilité pour l’IQCODE, sans établir que le téléphone améliore effectivement l’accès aux soins.

Le résumé disponible ne rapporte pas de comparaison avec un diagnostic de référence ni de mesure des conséquences sur la prise en charge. Il ne permet donc pas de conclure que les deux modalités repèrent aussi bien une maladie cognitive.

L’effectif limité et les informations disponibles uniquement dans le résumé invitent à rester prudent. Les caractéristiques détaillées des participants, le financement et les conflits d’intérêts n’ont pas pu être vérifiés.

Les limites à garder en tête

Étude de 51 personnes, avec des passations espacées de cinq à sept jours et un accord très variable selon les questions. Seul le résumé Europe PMC a été consulté, pas le texte intégral. Les caractéristiques détaillées de la population, le financement et les conflits d’intérêts ne sont pas vérifiés.

Ce qu’on peut retenir

L’IQCODE administré par téléphone semble produire un score global assez proche de celui obtenu en présentiel. Cela soutient une possibilité d’évaluation à distance, sans démontrer une équivalence diagnostique ni permettre de généraliser à tous les tests cognitifs.

Sources et provenance

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