Les aliments les plus riches en protéines par portion sont notamment le poulet, le cabillaud, le saumon, le thon, le bœuf maigre, le seitan et les crevettes. Dans les portions de ce guide, ils apportent environ 30 à 36 g de protéines. Le tofu en fournit 20 g pour 150 g, les lentilles 20 g pour 200 g et deux œufs environ 14 g.
Mais le chiffre brut ne suffit pas. Une cuillère de beurre de cacahuète est « riche en protéines » sur l’étiquette et n’en apporte pourtant que 6,7 g pour 189 kcal. À l’inverse, 150 g de cabillaud rôti apportent environ 33,5 g pour 142 kcal. La portion, la densité, le prix et ce que l’aliment apporte autour des protéines changent donc le classement.
Si tu ne connais pas encore ta cible, commence par le guide combien de protéines par jour. Ici, la question n’est pas combien viser, mais quoi mettre concrètement dans l’assiette.
Les aliments les plus riches en protéines : tableau rapide
Ce comparateur utilise des portions cuites ou prêtes à manger. Recherche un aliment, filtre les sources animales ou végétales, puis affiche les options à au moins 20 g de protéines, avec fibres ou à 220 kcal maximum.
Comparateur CIQUAL 2025
21 aliments comparés par portion
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Les données nutritionnelles proviennent de la table Anses-CIQUAL 2025. Elles décrivent des aliments moyens, pas chaque produit du commerce. Une marque de tofu, un saumon plus gras ou un thon plus ou moins égoutté peuvent s’écarter du chiffre affiché.
Le budget est volontairement relatif. € signale une option généralement économique par portion, €€ un coût intermédiaire et €€€ une option souvent plus chère. Compare toujours le prix réellement payé, puis divise-le par le nombre de portions du paquet.
Pourquoi une portion est plus utile qu’un chiffre pour 100 g
Le classement pour 100 g répond à une question de laboratoire : quelle est la concentration de l’aliment ? La portion répond à la question du repas : combien vais-je réellement manger ?
Cette différence devient majeure avec l’eau. Les légumineuses, pâtes et céréales absorbent de l’eau à la cuisson. Cent grammes de lentilles sèches ne représentent ni le même volume, ni les mêmes calories, ni la même quantité de protéines que 100 g de lentilles cuites. Comparer du poulet cuit à une lentille sèche gonfle artificiellement l’avantage de cette dernière.
Le même piège existe avec les poudres, fromages durs et graines. Ils sont très concentrés, mais leur portion habituelle est petite. Trente grammes de parmesan apportent environ 9 g de protéines, pas les 31 g affichés pour 100 g. Une portion de 30 g de beurre de cacahuète n’est pas interchangeable avec 150 g de crevettes, même si les deux aliments dépassent 20 g pour 100 g.
Pour comparer proprement, garde quatre règles :
- compare des états identiques, cuits avec cuits et égouttés avec égouttés
- utilise le poids comestible, sans coquille, os ni liquide jeté
- vérifie l’étiquette du produit que tu achètes
- regarde les protéines par portion et par calorie, sans oublier l’aliment entier
La densité du tableau correspond aux grammes de protéines pour 100 kcal. Elle aide pendant une restriction énergétique, mais ne constitue pas un score santé. Le saumon est moins dense que le cabillaud parce qu’il contient davantage de lipides. Cela ne le rend pas moins intéressant, car ces deux poissons n’ont pas le même profil nutritionnel.
Sources animales : quantités, avantages et limites
Les volailles, poissons, crustacés, œufs et laitages concentrent généralement beaucoup de protéines dans une portion modérée. Leur profil en acides aminés indispensables et leur digestibilité les rendent pratiques lorsque l’appétit est limité ou que la cible quotidienne est élevée.
Pour obtenir autour de 30 g au cours d’un repas, les portions suivantes suffisent dans le tableau :
- 120 g de filet de poulet cuit
- 120 g de thon au naturel égoutté
- 125 g de steak haché à 5 %
- 150 g de cabillaud, saumon ou crevettes
Cela ne signifie pas qu’il faut choisir uniquement les premières lignes. Le poisson gras apporte une matrice différente d’un blanc de poulet. Les œufs sont faciles à cuisiner. Le fromage blanc et une spécialité type skyr permettent d’ajouter 14 à 15 g sans préparer un second plat.
Les limites viennent surtout du contexte. Certaines conserves, crevettes, charcuteries, fromages et préparations sont salés. Les fromages durs et poissons à l’huile peuvent être plus caloriques. Manger chaque jour la même viande ou le même gros poisson réduit la variété et concentre les mêmes expositions. Alterne volaille, œufs, produits laitiers, poissons, légumineuses et soja selon tes choix.
Un aliment riche en protéines ne rend pas automatiquement le repas équilibré. Ajoute des légumes, un féculent adapté à l’activité et une source de lipides de qualité au lieu de construire une assiette composée uniquement de produits animaux.
Sources végétales : protéines, fibres et complémentarité
Le seitan et les produits à base de soja sont les options végétales les plus concentrées du tableau. Une portion de 150 g apporte environ 31 g pour le seitan, 28 g pour les protéines de soja texturées réhydratées, 24 g pour le tempeh et 20 g pour le tofu.
Les légumineuses sont moins denses, car elles apportent aussi des glucides et beaucoup de fibres. C’est précisément leur intérêt. Deux cents grammes de lentilles cuites fournissent environ 20 g de protéines et 17 g de fibres. La même portion de haricots rouges approche 19 g de protéines et 23 g de fibres. Une progression graduelle et un rinçage des conserves peuvent améliorer la tolérance digestive.
Tu n’as pas besoin d’associer riz et lentilles à chaque repas comme si chaque assiette devait former une protéine parfaite. Les aliments végétaux contiennent les acides aminés indispensables dans des proportions différentes. Une alimentation suffisamment énergétique, variée sur la journée et construite autour de légumineuses, soja, céréales, noix et graines peut couvrir les besoins.
En pratique, choisis une ancre protéique à chaque repas. Une assiette de quinoa et légumes peut rester modeste en protéines. Ajoute tofu, tempeh, lentilles ou protéines de soja texturées plutôt que d’attendre des céréales qu’elles fassent tout le travail. L’article sur les protéines animales et végétales détaille les différences de digestibilité et d’acides aminés.
Deux précautions restent utiles : le seitan ne convient pas en cas de maladie cœliaque ou d’éviction du gluten, et le soja ne convient pas en cas d’allergie. Dans une alimentation totalement végétalienne, la vitamine B12 doit être apportée de façon fiable par supplémentation ou aliments enrichis adaptés.
Options riches en protéines et modérées en calories
Pendant un déficit calorique, les aliments denses en protéines permettent de préserver de la place pour les fruits, légumes, féculents et matières grasses. Dans ce tableau, le cabillaud, les crevettes, le poulet, le thon et le steak haché à 5 % dépassent environ 16 g de protéines pour 100 kcal, sauf les crevettes qui en apportent plus de 22 g et le cabillaud près de 24 g.
Le seitan dépasse 15 g pour 100 kcal, mais il est souvent salé et exclut les personnes qui ne consomment pas de gluten. La spécialité type skyr apporte environ 12 g pour 100 kcal. Le tofu, le tempeh et les légumineuses sont moins denses, tout en apportant d’autres avantages alimentaires, notamment les fibres pour ces dernières.
À l’autre extrémité, avoine et beurre de cacahuète participent au total sans être des protéines principales. Une portion d’avoine apporte 6,4 g pour 220 kcal. Le beurre de cacahuète apporte 6,7 g pour 189 kcal. Ils peuvent avoir leur place, mais les utiliser pour chercher 25 à 30 g de protéines ferait rapidement monter l’énergie totale.
La bonne stratégie consiste à combiner les fonctions. Utilise une source dense comme ancre, puis laisse les céréales, légumes et graines compléter quelques grammes. Si la cible calorique n’est pas basse ou si l’appétit est faible, une option plus énergétique peut au contraire être utile.
Atteindre 80, 100 ou 120 g avec des repas ordinaires
Ces journées sont des exemples de construction, pas des prescriptions. Elles ne fixent ni les calories totales ni les quantités de légumes, féculents et matières grasses. Les totaux utilisent les valeurs arrondies du tableau, donc quelques grammes d’écart sont normaux.
Exemple à environ 80 g
Une journée simple peut se répartir ainsi :
- petit déjeuner : 200 g de fromage blanc et 60 g de flocons d’avoine, soit environ 21 g
- déjeuner : deux œufs et 200 g de lentilles cuites, soit environ 34 g
- dîner : 120 g de saumon rôti avec légumes et féculent, soit environ 27 g
Le total approche 82 g. Il n’y a ni poudre ni portion démesurée, et les lentilles apportent une grande partie des fibres de la journée.
Exemple végétarien à environ 100 g
Une version avec œufs et laitages peut utiliser :
- petit déjeuner : 150 g de spécialité type skyr et 60 g d’avoine, soit environ 20 g
- déjeuner : 150 g de tofu et 200 g de lentilles, soit environ 40 g
- collation : 200 g de fromage blanc, soit environ 15 g
- dîner : 150 g de tempeh avec légumes, soit environ 24 g
Le total atteint environ 99 g. Pour une version végétalienne proche de 100 g, le même ordre de grandeur peut être obtenu avec une journée qui répartit protéines de soja texturées, tempeh, tofu, lentilles et avoine. La priorité est de garder assez d’énergie et de variété, pas d’empiler cinq substituts dans un seul repas.
Exemple à environ 120 g
Pour une personne active avec une cible plus haute :
- petit déjeuner : deux œufs et 150 g de spécialité type skyr, soit environ 27 g
- déjeuner : 120 g de poulet grillé, soit environ 36 g
- collation : 200 g de fromage blanc, soit environ 15 g
- dîner : 200 g de pâtes de lentilles cuites et 80 g de thon égoutté, soit environ 45 g
Le total approche 123 g. Réduire légèrement une portion ramène facilement la journée vers 120 g. Si ce volume coupe l’appétit, gêne la digestion ou évince d’autres familles d’aliments, la cible mérite d’être réévaluée.
Construire sa journée sans tout peser
Le pesage peut servir pendant trois à sept jours pour apprendre à reconnaître les portions. Il n’a pas besoin de devenir permanent. Choisis ensuite trois ou quatre repas reproductibles, chacun avec une ancre identifiable.
Une méthode rapide consiste à suivre ce cycle :
- fixe une cible cohérente avec ton poids et ton objectif
- observe ton alimentation actuelle pendant trois jours ordinaires
- repère le repas qui contient moins de 15 g
- ajoute-y une portion du tableau plutôt que de modifier toute la journée
- réévalue faim, digestion, budget et régularité après deux semaines
Le levier économique le plus simple est de faire des légumineuses et des protéines de soja texturées une partie de la base, puis d’utiliser œufs, fromage blanc, tofu, sardines ou poulet selon les promotions. Les produits portant une promesse « hyperprotéinée » ne sont intéressants que si leur étiquette et leur prix par portion le confirment.
Maladie rénale, âge et alimentation restrictive : précautions
En cas de maladie rénale chronique, ne choisis pas seul une cible élevée à partir d’un tableau grand public. La recommandation KDIGO 2024 vise environ 0,8 g/kg/j chez les adultes aux stades G3 à G5 et conseille d’éviter plus de 1,3 g/kg/j chez ceux à risque de progression. Ces seuils concernent la maladie rénale, pas une personne saine, et les besoins peuvent changer avec la dialyse, la dénutrition, la sarcopénie ou une maladie aiguë. Un néphrologue et un diététicien doivent arbitrer.
Après 65 ans, l’Anses retient un repère de 1 g/kg/j pour simplifier les recommandations françaises. Chez une personne âgée qui mange peu, perd du poids, peine à mâcher ou à avaler, la priorité n’est toutefois pas un chiffre isolé. Il faut rechercher la cause, sécuriser l’énergie totale et choisir des textures adaptées avec un professionnel.
Enfin, compter les protéines ne doit pas servir à compenser un repas, supprimer les glucides ou poursuivre une restriction toujours plus stricte. Une anxiété croissante autour des chiffres, des repas évités, des compulsions ou une perte de poids non souhaitée sont des signaux pour arrêter le suivi et demander de l’aide.
Verdict
Le classement utile n’est pas celui des aliments les plus concentrés sur 100 g. C’est celui des portions que tu peux acheter, digérer, cuisiner et répéter.
Pour augmenter simplement tes apports, commence par une source apportant 20 à 35 g au repas. Alterne options animales et végétales selon tes préférences, utilise les légumineuses pour associer protéines et fibres, puis laisse les céréales et graines compléter le total. Une journée cohérente n’a besoin ni d’un aliment vedette ni d’une précision au gramme.
Sources principales
- 🧪The 2025 ANSES-CIQUAL table, Anses
- 🧪Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2025, jeu de données Anses
- 🧪Repères alimentaires pour les personnes excluant tout ou partie des aliments d'origine animale, Anses, 2024
- 🧪Repères alimentaires pour les femmes dès la ménopause et les hommes de plus de 65 ans, Anses
- 🧪Apports de référence de la population pour les protéines, EFSA
- 🧪Protein supplementation and resistance training-induced gains: systematic review and meta-analysis, British Journal of Sports Medicine, 2018
- 🧪KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease





